Rencontre avec Mgr Gilles Lemay L’adoration: source d’évangélisation En 2006, le pape Benoît XVI avait exprimé le souhait que le prochain Congrès eucharistique de Québec favorise l’adoration eucharistique. Eh bien! On peut considérer son vœu exaucé puisque durant le Congrès, il y aura huit chapelles d’adoration à Québec. Le NIC a rencontré Mgr Gilles Lemay, évêque auxiliaire de Québec qui a vécu la fondation d’une chapelle d’adoration continue en 2000; chapelle toujours active aujourd’hui. Cette chapelle perpétuelle et permanente a été mise sur pied à la paroisse du Très-Saint-Rédempteur alors que Mgr Lemay y était encore curé. «Il y avait un couple qui y croyait dur comme fer. Avec Mario St-Pierre, ils formaient le trio responsable, se souvient-il. Ça nous prenait un responsable pour chacune des heures. Comme il y a 168 heures dans une semaine, ça nous prenait donc 168 volontaires et quelques réservistes pour faire des remplacements.» Dans le projet proposé, il n’y avait aucune communauté religieuse qui assurait les périodes moins fréquentées. Ce sont les paroissiens qui devaient effectuer toutes les heures d’adoration, de jour comme de nuit. «Les gens ont embarqué! J’avoue que j’étais sceptique, confesse l’évêque. Mais quand on est dans un système structuré comme celui de notre paroisse, on est soutenu. Ce n’est plus un engagement individuel, ça devient un engagement communautaire. Et ça, c’est extraordinaire. C’est ce qui nous donne des pieds et des mains et du courage —même à quatre heures du matin! C’est la force d’une organisation communautaire, d’une organisation d’Église.» «J’ai remarqué que dans ces communautés-là, il y a une plus grande ferveur. C’est là qu’on voit que l’Esprit, c’est vraiment un esprit d’unité. Je suis convaincu que la chapelle d’adoration a eu un rôle déterminant dans l’harmonisation des esprits et des consciences, et puis, dans l’organisation et la volonté de travailler ensemble.» «Notre participation à l’Eucharistie, ou à une heure d’adoration en prolongement, c’est pour retourner en mission. On vient faire le plein, on vient se remplir de l’amour du Christ, du feu de l’Esprit Saint pour après ça l’incarner dans sa vie. Je deviens le Christ qui lave les pieds. Je vois l’acte du Christ en celui que je fais.» «On n’a qu’à penser à Mère Teresa, qui disait: “Moi, si je n’avais pas ce contact avec le Christ au petit matin, je n’aurais pas l’amour nécessaire pour ramasser des mourants, les aimer.” Un grand nombre de ceux qui se sont donnés dans l’apostolat puisaient dans l’Eucharistie», affirme Mgr Lemay. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser au départ, ce n’était pas un feu de paille. Cela fait maintenant huit ans que ça dure, que les paroissiens continuent d’assumer l’adoration perpétuelle. Et ce, même si le responsable de l’adoration, le vicaire et le curé ne sont plus les mêmes qu’au début. Les sceptiques sont donc confondus… pour la plus grande joie des fidèles! |

«L’adoration, c’est une façon de creuser le désir. Le désir de communion. Communion avec la communauté et communion avec le Seigneur», affirme Mgr Gilles Lemay.
Photo Réjean Lessard